Les drones de livraison d’Amazon s’esquissent en France

Rêvé et longtemps controversé, c’est un de ces projets qui a longtemps relevé du serpent de mer chez Amazon. Progressivement, le géant américain du e-commerce concrétise Prime Air, son système de livraison par drones. Il a officialisé, ce 18 mai au matin, l’ouverture d’un centre de développement Prime Air en France, basé au sein de son siège à Clichy, près de Paris.

Plus que la prouesse technologique, l’enjeu consiste à assurer sa promesse marketing, «la livraison du client en 30 minutes. C’est un principe simple, sur lequel nous travaillons depuis des années, mais qui est maintenant possible», résume Paul Misener, vice president Global innovation Policy and communications chez Amazon, spécialement venu du siège de Washington pour promouvoir ce nouveau projet. Mais c’est bien un des projets les plus fous de Jeff Bezos qui commence à voir le jour: la livraison de colis par des drones totalement autonomes, sans intervention humaine.  Et la promesse de répondre à la problématique du dernier kilomètre, notamment pour accéder aux zones difficiles d’accès.

Une avancée à petits pas

Depuis quelques mois, Amazon avance à petits pas sur ce projet, lancé en 2013. Des tests grandeur nature ont déjà été réalisés dans ses autres centres de R&D Prime Air, à Cambridge, Tel Aviv et aux Etats-Unis. La vidéo de sa première livraison, réalisée le 7 décembre 2016 à Cambridge, montre le succès de l’opération – en 13 minutes  – par un drone autonome.

Si Amazon a déjà ouvert une poignée de centres de R&D Prime Air, le nouveau centre de développement français sera dédié au développement d’un logiciel de gestion du trafic dédié à ses drones autonomes, qui sera ensuite destiné à être utilisé partout dans le monde. Une douzaine de développeurs spécialistes du développement logiciel ont déjà été recrutés. L’enjeu: «gérer l’espace de circulation des drones, et pouvoir effectuer des opérations de drones à basse altitude en fournissant un accès à l’espace aérien», résume Paul Misener. Le plus délicat résidant dans la phase de l’atterrissage du drone chez le client. De fait, les contraintes sont nombreuses : un drone ne peut circuler que entre 120 mètres et 160 mètres de hauteur, et effectuer ses manoeuvres d’atterrissage  et de décollage en-dessous de 60 mètres de hauteur.

Autre enjeu, dans la chaîne logistique, les préparateurs de colis doivent apprendre à adapter leur packaging, pour que le colis puisse être transporté par le drone à l’horizontale. Dans ce nouveau chantier, Amazon demeure discret sur la date de lancement de ce nouveau mode de livraison. Dans un premier temps, il doit rencontrer le régulateur français, la Direction générale de l’aviation civile, pour obtenir des autorisations de vol. Il n’est pas le seul dans cette course: en décembre dernier, La Poste a décroché par DGAC l’autorisation pour DPDgroup, sa filiale express internationale, à livrer des colis par drone sur une ligne commerciale régulière de 15 kilomètres dans le Var.

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